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Karakol – «J'ai le feu du volcan,la chaleur du désert,la saveur de la terre,la lueur d'une lune claire» – Etrange – DobaCaracol

25/04/2014 | Karaköl | 0 commentaire |

Karakol – «J'ai le feu du volcan,la chaleur du désert,la saveur de la terre,la lueur d'une lune claire» – Etrange – DobaCaracol

           Il est temps de reprendre le cours de l’histoire… Après ces randonnées fabuleuses autour de Bishkek il était temps pour moi de faire mes valises et de repartir à l’aventure, direction Karakol (le nom d’une ville qui me rappelle étrangement un groupe qui a bercé mes années de lycée… Obligée de les citer en titre ! Souvenirs Sarah ?)

 

          Bien entendu, à l’auberge ils ne m’ont pas laissée partir comme ça et ont décidé de m’emmener voir Bishkek By Night du haut d’une colline. Bien entendu, à l’auberge, ils ne m’ont pas laissée admirer le spectacle comme ça et ils ont emmené avec nous une bouteille de vodka. Bien entendu, à l’auberge, ils trouvent toujours une bonne raison de trinquer…

          La soirée fut mémorable ! Imaginez la joyeuse troupe : un Kyrgyz parlant anglais, un autre expatrié au Japon, une Américaine parlant russe (notre traductrice officielle) et moi. Un gros Lexus qui crache les derniers tubes du moment (internationaux et, malheureusement, nationaux, leur donnant l’occasion de brailler du Stromae sans comprendre ce qu’ils disent !), la ville et ses lumières à nos pieds. On trinque à notre rencontre, aux amis des quatre coins du monde, au voyage, à l’aventure… Bref on trinque beaucoup.

 

          Le lendemain je plie mes dernières affaires et file prendre le marshutka pour Karakol, à l’est du pays.

 

          Marshutka : minibus publics qui sillonnent les grands axes du pays en faisant des arrêts dans des endroits qui semblent être bien définis, au milieu de nulle part, pour laisser monter et descendre les passagers. L’avantage : ce n’est pas cher, pas cher du tout du tout. L’inconvénient ? Il faut attendre qu’il soit plein pour partir, il n’y a donc pas d’horaires fixes… Et il arrive souvent qu’on prenne en cours de route beaucoup de nouvelles personnes sans qu’aucune ne soit descendue… Vous voyez le problème ?

 

          Bref, ce coup-ci j’ai de la chance, je suis la dernière pour compléter le marshut’ et on part direct. Bon, j’avoue que je profite des 5 heures de route annoncées pour finir ma nuit… Et c’est fabuleux, chaque fois que j’ouvre les yeux j’ai l’impression d’avoir changé de pays. D’abord de grands canyons de roche rouge très désertiques, puis un immense cimetière plein de petits édifices en briques coiffés de lunes ou d’étoiles, niché entre les collines ; ensuite un petit ruisseau fait son apparition, avec lui les premiers arbres ; plus loin encore, l’immense lac Issyk-Kul (prononcer Ici Cool, sympa non ?), son eau d’un bleu électrique, ses arbres en fleurs au premier plan et des sommets enneigés sur la berge opposée… Splendide, tout simplement à couper le souffle !

 

          Le Kirghizstan et l’or bleu, minute culturelle !

          Alors qu’une réelle « guerre de l’eau » sévie en Asie Centrale en raison de l’inégale répartition de la ressource et d’une très mauvaise gestion (comme en témoigne l’assèchement de la mer d’Aral qui a perdu 60% de son volume en 50 ans), le Kirghizstan est plutôt tranquille de ce côté-là : c’est lui qui alimente ses voisins Kazakh et Ouzbek.

          En effet, 4% de la superficie totale du pays est recouverte d’eau. En particulier, le lac Issyk-Kul forme une petite mer intérieure de plus de 6000 km2 et quelques 700m de profondeur, ce qui en fait le deuxième plus grand lac de montagne du monde (après le lac Titicaca). Issyk-Kul signifie en kirghize « lac chaud » : malgré ses 1 600 m d'altitude il ne gèle jamais, grâce à la fois à son gros volume, son eau légèrement salée et à son alimentation par des sources chaudes.

 

          Après plus de 7 heures assise dans ce minibus pour 300km (oui, moitié plus que le temps annoncé, y en a qui suivent !) je débarque enfin à Karakol. Cette petite ville, que dis-je, cette petite bourgade est le centre administratif de la région et, avec Osh et Bishkek, l’un des piliers de l’économie du pays. Et franchement, on ne dirait pas ! Sorti da la rue principale, les routes sont défoncés, beaucoup de bâtiments sont en ruine, les baraques semblent plus ou moins solides… Plus question de grandes avenues, d’immenses centres commerciaux, de transports publics… Ici il n’y a plus que des taxis dont toutes les courses dans la ville coûtent 60som (un peu moins d’1 euro), aucun éclairage public.

 

          J’arrive dans l’hôtel que l’auberge de Bishkek m’a réservé… Elle est franchement loin du centre ville et absolument déserte, mais c’est tout neuf, tout beau, tout propre et les jeunes qui ont ouvert ça il n’y a pas longtemps sont tous gentils... Alors j’y pose mon sac dans un dortoir de 16 pour moi toute seule !

 

 

          Le lendemain, je rencontre Svetlana, une locale que Sébastien m’a conseillé de contacter pour savoir quoi faire dans la région. En effet, ni une ni deux, elle me liste une demi-douzaine de choses à faire, comment y aller, le prix etc etc.
          Un coup de fil interrompt notre petit RDV et elle revient avec un grand sourire « Tu aimes le vélo ? ». Ce qui me connaissent savent que NON mais bon, elle me dit que le tour prévu avec ses amis est facile, alors pourquoi pas, comme premier aperçu de la région…

          Le RDV est donc fixé pour le lendemain. Je loue un VTT et on s’en va rejoindre ses amis. Très bon VTT, le dérailleur déraille beaucoup, la roue frotte sur le cadre… et les 10km de route vont déjà entamer ma motivation ! Malheureusement Svetlana va croiser la route d’un (des nombreux) chauffards Kirghizes. Direction l’hôpital pour deux bonnes heures d’attente et un verdict rassurant : une bonne grosse entorse à la cheville mais c’est tout !

 

          Elle rentre en voiture et nous, on continue. On arrive au petit village d’Ak Su et c’est là que les choses sérieuses commencent. On emprunte le sentier qui nous permet de basculer de la vallée d’Ak Su à celle de Karakol. Pour cela, il faut donc remonter toute la vallée, dans la gadoue, avec les vélos.

          « Qu’est ce que je fais là, je sais pourtant que je déteste le vélo, quelle idée de m*rde, j’aurais jamais dû m’embarquer là-dedans, et lui il me gonfle à me demander si tout va bien, NON ça ne va pas, OUI j’en ai marre, la rando okay, mais pas avec un vélo, grrrr ça fait une heure qu’il reste 10 minutes ! » Bref, je vous passe les vulgarités, une Delphine des grands jours, sans courage, sans mental, aucune envie d’aller jusqu’en haut. En même temps comprenez-moi : 16 km dans cette galère, dans des gorges sans rien à voir avec 6 Ruskov que je ne comprends pas…

 

          Et on finit par arriver en haut. Au milieu des chevaux sauvages. On quitte la forêt d’Ak Su pour les pentes pelées de la vallée de Karakol. 3, 2, 1, droit dans la pente. On dévale les collines, tout droit jusqu’en bas, dérapages dans les petits chemins (ah, oui, je n’ai pas de freins non plus !), slalome entre les moutons, excès de vitesse sur la route défoncée. Moi qui voulait essayer le vélo de descente, je crois que j’ai eu un bon aperçu et devinez quoi ? J’ai adoré ! Le retour (en descente) jusqu’à Karakol se fera avec un sourire jusqu’aux oreilles, grisée par la vitesse ! De quoi oublier l’interminable montée et de tolérer les courbatures des jours à venir !

 



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