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Kadji-Sai – « And he wrapped his wings round him and he fell like a stone » – Me and the Eagle – Steve Earle

07/05/2014 | Kadji-Sai | 1 commentaire |

Kadji-Sai – « And he wrapped his wings round him and he fell like a stone » – Me and the Eagle – Steve Earle

            Pour mon dernier jour à Karakol, je suis allée me promener vers la curiosité géologique de la région, Jeti Oguz. C’est une zone protégée, symbole régional et même national ! Ce sont les falaises rouges ondulées qui s’enchainent par blocs, assez unique en effet, qui en font la réputation. De plus près, on se rend compte qu'elles sont  extrêmement friables (et qu'elles donnent une jolie couleur orangée à nos mains, pantalon, sac, veste…).

           Jeti Oguz veut dire « Les sept taureaux ». La légende rapporte que ces falaises étaient jadis de farouches taureaux, pétrifiés par les dieux pour avoir semé la terreur dans la région, rien que ça !

 

 

           Le lendemain, il est temps de partir à la recherche de l’une des raisons pour lesquelles je suis venue me perdre dans ce petit pays d’Asie Central : la chasse à l’aigle (comprendre chasse avec un aigle). C’est le pays la plus réputé pour voir ces chasseurs majestueux… Alors je pars à la rencontre de l’un d’eux, à Kadji-Sai, au bord du lac Issy Kul.

 

           Mon rêve aurait été de partir une journée à cheval dans les montagnes, les observer dans leur milieu naturel… Malheureusement Ishenbeck (chasseur et hôte) m’explique qu’il fait à présent trop chaud (et je pense que ça aurait été définitivement hors-budget !). Il me propose donc une démonstration dans les collines derrière la maison, en fin d’après-midi. M’étant un peu renseignée, je savais que c’était « not pretty for the bunny » (pas beau pour le lapin) comme dit le Lonely Planet. En effet, ces fameuses démonstrations consistent à lâcher un lapin sacrifié d’avance et le voir se faire massacrer par l’aigle.

 

           Alors non je ne suis pas une grande sensible, je pense que j’aurais pu assister à la scène dans un cadre naturel de réelle chasse, mais je ne veux pas non plus être la commanditaire du meurtre inévitable d'un pauvre lapin innocent ! Je fais part de mes réticenses à Ishenbeck, et, comme je ne dois pas être la première « no problem, no problem » il a une solution alternative : sa femme, Zina, va courir en trainant derrière elle une fourrure de renard et je verrai quand même l’aigle attaquer. Parfait !

 

           Je découvre ensuite ma chambre, dans le grenier de la maison, donnant sur le jardin en fleur entouré de montagnes au relief inégalable. Au coucher du soleil les couleurs sont simplement à tomber par terre !

 

           Plus tard, Ishenbeck sort l’aigle de sa cage, les yeux couverts pour éviter qu’il devienne incontrôlable et il part sur la colline. Au signal, Zina se met à courir (et là, je culpabilise sacrément, désolée m'dame !) et l’aigle s’envole, impressionnant, pour aller se poser sur la colline d’en face. Il n’a pas compris… Alors Ishenbeck récupère la cordelette et c’est lui qui court maintenant, en attirant l’attention de l’aigle. Bon c’est un peu de la triche, mais ça marche. Ni une ni deux, l’aigle reprend son envol et VLAM atterrit sur ce qui fut jadis la tête d’un renard avec une précision hallucinante !

 

           Un gros bout de viande rouge en guise de susucre, quelques photos et il est temps de lui recouvrir les yeux et de retourner dans la cage. Certes c’était franchement une démonstration touristique qui ne représente en rien la « réelle » chasse à l’aigle, mais c’était quand même sacrément impressionnant. C’est gros et lourd ces zoziaux, ce n’est pas très rassurant de le porter, ça n'a rien de gentil dans le regard et ce sont des prédateurs d’une rapidité et d’une précision extrême!

 

           Après ce show, Ishenbeck m’en dit un peu plus sur ses aigles, le dressage etc. Son grand-père et son père étaient des « eagle-men ». Lui il a commencé à apprendre à les dresser quand il avait 10 ans. Celui-ci est un mâle, plus petit, plus facile à élever, il chasse des animaux jusqu’à la taille du renard alors que les femelles s’attaquent aux loups (eeeeh oui, on voit qui porte la culotte chez les rapaces !). Cet aigle là a 5 ans et c’est le 4e d’Ishenbeck. La tradition veut qu’ils les dressent, les chouchoutent et chassent avec eux pendant 10 à 15 ans. Comme cette captivité ne leur enlève pas leurs réflexes de prédateurs, les chasseurs peuvent les rendre à la vie sauvage après une douzaine d’années de bons et loyaux services !

 

           La grande fierté d’Ishenbeck c’est d’avoir été invité au festival de la chasse à l’aigle à Londres en 2007 où il avait dormi en yurt, sous la pluie… J'aurais aimé voir ça !

 
Note : 5.00 - 1 vote



Commentaires
  • par adele 13/05/2014 Alerter

    + 10 pour ne pas avoir sacrifier de lapinous !! (moi je suis une tapette des animaux et j'assurme :) !)

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