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Altyn Arashan – « Il y a, des ruisseaux, des clairières, pas de quoi en faire un plat de ce coin » – Il y a – J.J. Goldman

02/05/2014 | Altyn Arashan | 0 commentaire |

Altyn Arashan – « Il y a, des ruisseaux, des clairières, pas de quoi en faire un plat de ce coin » – Il y a – J.J. Goldman

             Plus tôt, j’ai parlé d’un trek et il est maintenant temps de faire les sacs: duvets, tentes, nourriture, affaires chaudes et imperméables, thermos d’eau chaude, allumettes et qq combustibles… Et on part à l’aventure. Honnêtement on ne sait pas vraiment où on va… Mais on y va bien ! Della nous a définitivement adoptés et part avec nous sans trop savoir dans quoi elle s’embarque elle non plus !

 

            Le premier après-midi est consacré à remonter une bonne partie de l’interminable vallée d’Arashan. En début de soirée on s’arrête dans un coin un peu à l’abri, le plus loin possible du torrent et plus ou moins plat. Le temps de monter les tentes et de trouver du bois, la nuit est tombée et l’humidité arrive, nous compliquant sérieusement la tâche pour faire un feu ! On fini par y parvenir. La nuit sera quand même glaciale et c’est avec plaisir qu’on laisse les premiers rayons du soleil transformer la tente en fournaise ! Et puis on plie bagage et on continue notre chemin.

 

            Après une bonne heure de marche, une montagne me fait de l’œil. Elle est juste en face du Mont Palatka et ses presque 5 000m d’altitude. Bon, okay, le début est un tapis de sapins et autres arbustes piquants et griffants. Okay, la suite semble particulièrement raide. Mais quelle vue de fou on doit avoir de là-haut ! Il ne faut pas longtemps pour convaincre Simon, toujours prêt à aller crapahuter dans les hauteurs.

 

            On trouve l’emplacement du camp du soir, nous permettant de délester nos sacs (et de décorer à notre façon les sapins alentours). Puis ni une ni deux, on entame une traversée dans les arbustes. « Tiens, j’aurais peut-être dû mettre des manches longues », oui, bonne idée Delphine, mais il est trop tard et je suis déjà écorchée de la tête aux pieds ! On avance difficilement et puis on débouche sur un pierrier qui se fini lui-même en véritable paroi d'escalade. Même pas peur, on évite de penser au pire et on continue.

 

            On finit par émerger et là, la vue sur la vallée d’où l'on vient est déjà impressionnante, le torrent semble n’être qu’un petit filet d’eau. Le Palatka et ses copains sont sublimes, mais on les verrait mieux de plus haut, non ?

 

            Alors que Le Chamois fait gentiment de grands lacets derrière la chienne, je choisis de continuer à la Kyrgyz, comprenez, droit dans la pente. Ce n’est pas évident d’évoluer ici, comme on s’y attendait, la pente est particulièrement raide, il n’y a rien pour se retenir, que des touffes d’herbe cramée par la neige. Plus haut, encore plus haut. Lorsque l’on arrive à quelques mètres du sommet, au pied de gros blocs de rochers ont décide de laisser parler la raison et non l’envie. Il est trop tard pour aller plus haut, d’autant que les jambes commencent à fatiguer et que la descente risque de ne pas être évidente. Et puis surtout… C’est sublime d’ici.

 

            On profite du paysage, de ces montagnes enneigées, de cette arrête parfaite qui court « juste en face » de nous. Une fois de plus, c’est magnifique, impressionnant, majestueux…

 

            Tout comme la descente, entre glissades et dérapages plus ou moins maîtrisés ! On fini par arriver à un pierrier dont la stabilité s’améliore en descendant ! Ouf ! Je n’ai plus confiance en mon équilibre après la grimpette d’aujourd’hui ! On finit par retrouver nos affaires et monter le campement et, à nouveau, on tente d’allumer un feu (note : TOUJOURS avoir des mouchoirs sur soi, quand tu n’as plus d’allumettes et que tout a déjà pris l’humidité, ça sauve une soirée !). On profite des flammes jusqu’à la dernière branche et on file se coucher.

 

            Le lendemain on refait les sacs et on prend tranquillement la direction du refuge. Enfin nous on marche tranquillement. La chienne, infatigable, essaye encore de courir après les marmottes.

            « Tu n'y arriveras jamais » « Mais arrête, la pauvre tu vas la décourager »

            Ni une ni deux, comme pour lui prouver qu’il a tort, on l’entend aboyer à pleins poumons. On fini par la rejoindre et découvrir le spectacle. Sur les pierres au bord du torrent, la chienne et une marmotte mènent un combat acharné.

 

            Ah oui, il faut que je précise. Les marmottes d’ici, ce ne sont pas celles de chez nous hein. Elles sont obèses, de la taille de gros chats. Et elles n’ont pas peur! On lui a donné l’occasion de s’enfuir mais je crois qu’elle cherchait le combat elle aussi ! Impossible de les séparer et la marmotte-guerrière est carrément flippante ! Et franchement, la bataille s’est faite d’égale à égale pendant un moment, qui l’eut cru… Et puis finalement on décide de tourner les talons en espérant que la chienne nous rejoigne avant de perdre un œil ! Têtue, elle n’abandonne pas et fini par tuer la pauvre marmotte-suicidaire. Della, elle, a quand même pris des bons coups de griffe et saigne à droite à gauche. Et tout ça pas pour manger, non non! Juste pour montrer qui est la plus forte, magie du règne animal !

 

            Plus loin, on croise un troupeau de chevaux et vaches… l’annonce du début de l’été, des migrations de ce peuple nomade et de leurs bêtes, remontant vers les pâtures d’altitude. A deux pas du refuge, quelques yurts se sont montées, ajoutant à la vallée un petit cachet « local » !

 

            Après une dernière nuit, il est temps pour moi de repartir vers d’autres horizons. Malgré des nuits froides, une unique prise électrique, aucune connexion internet, pas d’eau courante (hormis le torrent, bien entendu !), des toilettes en extérieur, un temps capricieux, tout comme le propriétaire des lieux, ce refuge loin de tout était un véritable petit coin de paradis. Je dis au revoir à Rosa et sa cuisine fabuleuse, Della qui m’aura beaucoup fait rire, Valentin mon grand-père Russe d’adoption, Simon une belle rencontre qui m’aura permis de vivre toutes ces aventures…

 

            Le cœur séré je redescends dans la vallée, m'efforçant de ne pas faire demi-tour, de nouvelles aventures m’attendent ailleurs !

 
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